Wall Street a surtout clôturé en baisse jeudi, alors que le discours national du président Donald Trump promettant de frapper l’Iran « extrêmement fort » a renversé l’euphorie brève de mercredi et a fait bondir fortement les prix du pétrole.
Trump a prononcé le discours mercredi soir, avertissant que l’Iran serait ramené « à l’âge des pierres » dans un délai de deux à trois semaines. Le discours a effacé les gains accumulés lors de la séance précédente, portés par des informations faisant état d’une possible désescalade et d’une réouverture potentielle du détroit d’Hormuz. Les investisseurs avaient tablé sur une fin rapide du conflit, qui a commencé le 28 février 2026. Ce trading s’est dénoué très vite.
Le pétrole brut West Texas Intermediate (WTI) a grimpé jusqu’à 111,50 $ le baril en cours de séance, soit un gain d’environ 11 %. Le WTI s’établit désormais à 103,6 $ à la clôture du jour. Le Brent a atteint environ 108 $ le baril et s’y maintient au moment de publication. Les valeurs sensibles au carburant ont encaissé le choc immédiatement. Delta Air Lines, United Airlines, American Airlines, Carnival, Royal Caribbean et Norwegian Cruise Line ont chacune reculé entre 2 % et 4 %.
Brent pétrole brut jeudi via tradingview.com.
Le Dow Jones Industrial Average a cédé environ 0,3 %, clôturant près du niveau de 46 400 après avoir terminé le 1er avril à 46 565,74. Le S&P 500 a reculé d’environ 0,1 % à 6 582,68, se négociant entre un plus bas à 6 474,94 et un plus haut à 6 601,91 sur un volume d’environ 2,62 milliards d’actions. Le Nasdaq Composite a également baissé d’environ 0,1 %, s’établissant près de 21 800.
Trump vers 13 h, heure de l’Est, le 2 avril, via Truth Social.
Tesla a mené les baisses parmi les valeurs technologiques à grande capitalisation, chutant de plus de 5 % sur des chiffres de livraisons faibles. La plupart des autres titres du groupe Magnificent Seven ont aussi évolué à la baisse. Les valeurs liées aux puces et à la mémoire sont restées volatiles alors que les inquiétudes concernant les dépenses en intelligence artificielle continuaient de circuler.
Les valeurs de la défense et de l’aéronautique ont résisté. Le budget de défense de 1,5 billion de dollars proposé par l’administration Trump pour l’exercice 2027, rapporté par Bloomberg, continue d’attirer du capital dans le secteur. Boeing et Caterpillar ont maintenu leur dynamique de la séance précédente. La proposition représenterait la plus forte hausse annuelle des dépenses militaires américaines depuis la Seconde Guerre mondiale.
Un des éléments marquants a été Globalstar, ticker GSAT, qui a bondi sur des informations faisant état d’une acquisition potentielle par Amazon. Nike a reculé sur des données de consommation jugées faibles.
Les contrats à terme sur l’or ont chuté près de 3 %, s’établissant autour de 4 680 $ l’once. L’or au comptant s’est échangé dans une fourchette de 4 664 $ à 4 695 $. Un dollar plus fort, en hausse d’environ 0,3 %, et des attentes réduites concernant des baisses de taux de la Réserve fédérale ont pesé sur les deux métaux. L’argent a baissé de 4 % à 6 % par moments au cours de la séance, s’échangeant dans une fourchette de 70,80 $ à 72,30 $ l’once. Les deux métaux restent nettement plus élevés depuis le début de l’année, compte tenu d’une demande persistante portée par le conflit.
Or jeudi via tradingview.com.
Le Bitcoin s’est négocié à environ 67 024 $ à la clôture de Wall Street, en baisse d’environ 1,6 % par rapport aux niveaux du 1er avril. La crypto-monnaie a touché un plus bas de séance près de 65 789 $. Ethereum a reculé de 3 % à 4 %, se maintenant autour de 2 059 $. La capitalisation totale du marché des cryptos a diminué d’environ 2 % en une journée à environ 2,3 billions de dollars. La dominance de Bitcoin est restée proche de 58 %. Solana et XRP ont aussi évolué à la baisse.
Le rendement des Treasuries à 10 ans a glissé sous 4,31 %. Les flux vers les valeurs refuges ont été mitigés, avec une certaine demande pour les Treasuries compensée par la vigueur du dollar et les inquiétudes liées à l’inflation portée par le pétrole. Les marchés seront fermés vendredi pour le Good Friday. La négociation des obligations s’est terminée à 14 h, heure de l’Est. Le prochain catalyseur majeur est le rapport sur l’emploi de mars, prévu pour une publication vendredi, que les investisseurs examineront lorsque la négociation reprendra lundi.
Le 1er avril avait affiché de solides gains sur les trois principaux indices : le S&P 500 a progressé de 0,7 %, le Nasdaq a ajouté 1,2 % et le Dow a gagné 0,5 %. Ces mouvements reflétaient la confiance selon laquelle le conflit au Moyen-Orient était proche d’une résolution. Le 2 avril a montré à quelle vitesse cette confiance peut se briser.
Les thèmes dominants à l’approche de la semaine prochaine sont le conflit en Iran, les prix du pétrole, la trajectoire du budget de défense de 1,5 billion de dollars à travers le Congrès, et tout signal de la Réserve fédérale sur les anticipations d’inflation liées aux coûts énergétiques.