Actualités sur les stablecoins : le Trésor (FinCEN) vient de proposer des règles exigeant que les émetteurs surveillent leurs propres transactions

Cryptonews

Les nouvelles sur les stablecoins en provenance de Washington cette semaine vont au-delà des réserves et des rachats — le FinCEN, l’unité du Trésor dédiée aux crimes financiers, a proposé des règles qui réformeraient fondamentalement la manière dont les émetteurs de stablecoins et l’ensemble des institutions financières américaines gèrent la conformité à la lutte contre le blanchiment d’argent (AML), en passant d’une logique de paperasse « cases à cocher » à une auto-surveillance fondée sur le risque des transactions illicites.
Résumé

  • Le FinCEN a publié une règle proposée le 7 avril qui viserait à « réformer fondamentalement » les programmes de conformité au BSA pour l’ensemble des institutions financières — y compris les émetteurs de stablecoins, qui sont classés comme des institutions financières en vertu de la loi GENIUS — en leur imposant de mettre en place des cadres AML fondés sur le risque axés sur les menaces réelles de financement illicite plutôt que sur une documentation prescriptive
  • Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a présenté explicitement la proposition comme une réduction du fardeau de conformité : l’objectif est de réorienter les ressources, en les éloignant des activités à plus faible risque vers celles à plus haut risque, les actions d’application de la loi étant réservées uniquement en cas de « défaillances importantes ou systémiques »
  • Dans le cadre nouveau, les émetteurs de stablecoins doivent construire leurs programmes autour de quatre piliers essentiels : des politiques et contrôles internes incluant des évaluations des risques, un responsable de la conformité BSA désigné situé aux États-Unis, une formation des employés adaptée au profil de risque de l’entreprise, et des tests indépendants de l’efficacité du programme

Les nouvelles sur les stablecoins les plus pertinentes pour les équipes de conformité cette semaine ne viennent pas du FDIC ou de l’OCC. Elles proviennent du FinCEN. Le Financial Crimes Enforcement Network (Réseau d’application des règles en matière de crimes financiers) a proposé des règles le 7 avril qui viseraient à remodeler la manière dont l’ensemble des institutions financières américaines — y compris les émetteurs de stablecoins — gèrent leurs programmes de lutte contre le blanchiment d’argent. Le changement central : passer d’une mesure de la conformité fondée sur le volume des déclarations et de la paperasse à une mesure fondée sur l’efficacité démontrée pour identifier et stopper le financement illicite.

Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a décrit l’intention directement : « Notre proposition rétablit le bon sens en mettant l’accent sur l’empêchement des mauvais acteurs de pénétrer le système financier, plutôt que d’enfouir les banques américaines sous davantage de procédures administratives inutiles. » Le président du FDIC Travis Hill, dont l’agence est un régulateur co-proposant, a déclaré que c’était « peut-être la plus importante des réformes que le Congrès avait imaginées dans la loi AML ».

Pourquoi cela s’applique directement aux émetteurs de stablecoins

La loi GENIUS, promulguée en juillet 2025, a classé tous les émetteurs de stablecoins de paiement autorisés comme des « institutions financières » au titre de la Bank Secrecy Act. Ce classement signifie que la proposition du FinCEN s’applique à eux avec la même force que celle appliquée aux banques. Les entreprises de stablecoins qui fonctionnaient auparavant dans des régimes de conformité plus légers — s’appuyant sur des licences d’émetteurs de monnaie au niveau des États et sur une surveillance interne minimale — doivent désormais construire des programmes répondant à des normes AML de niveau bancaire.

Ce n’est pas une exigence future. Les règlements d’application de la loi GENIUS doivent être finalisés d’ici le 18 juillet 2026. Tout émetteur de stablecoins opérant après cette date sans programme conforme s’expose à des actions d’application de la loi, pouvant inclure des pénalités civiles, des poursuites pénales et le retrait de licences.

Les quatre piliers que le FinCEN exige désormais

Dans le cadre proposé, chaque institution financière concernée — y compris les émetteurs de stablecoins — doit construire son programme AML autour de quatre éléments essentiels. D’abord : des politiques, procédures et contrôles internes, y compris un processus d’évaluation des risques documenté qui identifie les menaces spécifiques de financement illicite auxquelles l’émetteur est exposé, en fonction de ses clients, produits et de la géographie. Ensuite : un responsable de la conformité BSA physiquement situé aux États-Unis, disposant d’une autorité de supervision sur le programme. Troisièmement : une formation continue des employés adaptée au profil de risque réel de l’institution. Quatrièmement : des tests indépendants réalisés par une partie extérieure qui évaluent si le programme a été effectivement mis en œuvre — avec un langage explicite interdisant aux auditeurs de substituer leur propre jugement aux déterminations de l’institution fondées sur le risque.

La proposition encadre aussi les conditions dans lesquelles l’application de la loi est appropriée. Le FinCEN a indiqué qu’il n’engagerait généralement pas d’action de supervision significative, sauf si une institution a connu un « manquement important ou systémique » pour maintenir son programme — une norme destinée à protéger les programmes bien gérés contre des violations techniques qui ne présentent aucun risque réel de financement illicite.

Comme l’a rapporté crypto.news, le FDIC a simultanément proposé sa propre règle stablecoin de 191 pages portant sur les standards de réserves et de rachats. Comme l’a noté crypto.news, le cadre d’application de la loi GENIUS s’étend au Trésor, à la Réserve fédérale, à l’OCC et au FDIC — le FinCEN et l’OFAC jouant des rôles centraux dans les sanctions et la surveillance AML. La proposition du FinCEN comble le gap de conception de la conformité que la loi a laissé ouvert.

Les commentaires sur la règle proposée sont dus 60 jours après la publication au Federal Register, avant la date limite réglementaire du 18 juillet.

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