Ray Dalio, un investisseur légendaire spécialisé dans l’analyse des modèles historiques pour la macroéconomie mondiale, a récemment lancé un avertissement alarmant. Cet expert, qui étudie depuis des décennies les cycles de l’histoire, voit se jouer sous ses yeux un “film” qu’il a déjà vu maintes fois dans le passé. Le problème, c’est que la fin de ce “film” est souvent tragique.
En retraçant l’histoire, on constate un schéma inquiétant : depuis la prise de la Bastille en 1789 jusqu’à la crise mondiale de 1930-1945, puis dans le contexte actuel des États-Unis, un modèle sinistre se dessine : la société tend à suivre des cycles prévisibles, et ce cycle pousse les États-Unis vers un point critique dangereux.
La théorie des grands cycles : pourquoi l’histoire se répète toujours
Ray Dalio a consacré des dizaines d’années à l’étude de l’histoire, cherchant à comprendre comment se forment et s’effondrent l’ordre monétaire, politique et géopolitique. Il appelle ce phénomène le “Grand Cycle” — un cycle majeur d’environ 80 ans, soit une génération.
“Pour moi, observer ce qui se passe aujourd’hui, c’est comme regarder un film que j’ai déjà vu plusieurs fois dans l’histoire.” écrit Dalio dans son ouvrage Principes pour faire face à l’ordre mondial en mutation. Il détaille les forces et les signaux qui alimentent ce cycle, permettant de comparer la réalité présente aux modèles historiques.
Selon Dalio, nous sommes actuellement à la frontière entre la cinquième phase (la veille de l’effondrement de l’ordre) et la sixième (l’effondrement lui-même). Et les conséquences de cette transition ont été maintes fois démontrées par l’histoire.
Écart de richesse, populisme, polarisation — le triptyque toxique de la “cinquième phase”
Qu’est-ce qui marque l’entrée d’une société dans cette cinquième étape ? Dalio identifie une “combinaison toxique” classique :
Premièrement, l’État et ses citoyens sont en mauvaise santé financière. La dette fédérale américaine est hors de contrôle, plusieurs États (Californie, Illinois, New York) font face à des crises fiscales de longue durée. Les gouvernements locaux ne peuvent plus financer l’entretien des infrastructures ni assurer les services publics, sans parler des chocs économiques à venir.
Deuxièmement, d’énormes écarts de revenus, de richesse et de valeurs existent en leur sein. La inégalité de richesse aux États-Unis a atteint des niveaux proches de ceux de la Grande Dépression des années 1920. La proportion de richesse contrôlée par une minorité de très riches n’a été égalée que par quelques périodes de l’histoire. Ce fossé n’est pas seulement économique, il est aussi idéologique — des groupes aux visions radicalement opposées sur l’avenir du pays.
Troisièmement, des chocs économiques négatifs graves surviennent. Inflation, volatilité des marchés financiers, risques géopolitiques : ces crises provoquent des réactions en chaîne dans une société déjà fragile.
Lorsque ces trois conditions coexistent, l’histoire montre ce qui se produit : chaos, conflits, voire parfois guerre civile.
Populisme et polarisation : la disparition des modérés
Dans ce contexte de chaos et de mécontentement, émergent des leaders anti-élites, prétendant défendre le peuple. On parle de populistes. Aux États-Unis, on voit une montée du populisme des deux côtés : en 2016, Donald Trump a incarné le populisme de droite, tandis que Bernie Sanders et Alexandria Ocasio-Cortez ont représenté la vague de populisme de gauche.
L’observation clé est : plus le populisme et la polarisation sont intenses, plus un pays s’éloigne de la cinquième étape, se rapprochant du risque de guerre civile ou de révolution.
Selon une récente étude du Pew Research Center (septembre-octobre 2025), 85 % des adultes américains reconnaissent que la violence politique est en augmentation. Un sondage PBS News/NPR/Marist indique que près d’un tiers (30 %) des Américains pensent que pour remettre le pays sur les rails, il faudra recourir à la violence.
Il ne s’agit pas de spéculer sur ce qui pourrait arriver — c’est une réalité psychologique : un tiers des Américains se disent prêts à la violence.
De la cinquième à la sixième étape : les États-Unis au bord du précipice
Mais comment reconnaître le passage de la cinquième étape (crise) à la sixième (guerre civile) ? Dalio cite deux indicateurs clés :
Premierement, des morts dans des affrontements. Cela indique presque forcément le début d’une phase plus violente de guerre civile, qui durera jusqu’à ce qu’un vainqueur soit clairement désigné.
Deuxièmement, dans une démocratie fédérale comme les États-Unis, des conflits de pouvoir entre États et gouvernement central sont fréquents. Cela a précédé la chute de nombreux empires, et cela se joue actuellement aux États-Unis.
Selon l’analyse du Center for Strategic and International Studies (CSIS), entre 2016 et 2024, 21 attaques ou complots politiques ont été recensés, contre seulement deux dans les 25 années précédentes. La fréquence des violences politiques a ainsi été multipliée par dix en peu de temps.
Les États-Unis sont aujourd’hui un “baril de poudre”. Le pays possède plus d’armes à feu que d’habitants, et beaucoup de citoyens ont une tendance à la violence. Si l’incident récent à Minneapolis n’est qu’un exemple isolé, il révèle une crise plus profonde : la lutte pour le pouvoir entre le gouvernement fédéral et les États s’intensifie.
La leçon de la Bastille : quand l’histoire devient réalité
Pourquoi évoquer la prise de la Bastille en 1789 ? Parce que cet événement marque le début de la Révolution française — mais personne ne le savait à l’époque.
Comme le souligne Dalio, “bien que les historiens fixent des dates pour le début et la fin des guerres civiles, ces dates sont arbitraires. En réalité, peu de gens savaient que la guerre civile avait commencé ou était terminée, mais ils savaient qu’ils y participaient.”
Le jour de la prise de la Bastille, des insurgés attaquèrent cette prison symbole du pouvoir royal, sans savoir que cela entraînerait une décennie de Terreur, la chute de la reine, et la destruction de ses propres leaders.
Nous sommes confrontés à un dilemme similaire : nous savons que nous sommes en crise, mais nous ignorons comment elle va évoluer. Nous pouvons identifier les facteurs de déstabilisation — inégalités, populisme, polarisation, violence — mais nous ne pouvons prévoir la fin de cette “film”.
Comment l’intérieur d’une guerre civile se construit : de la théorie à la réalité
Après avoir étudié plus de cinquante guerres civiles et révolutions, Dalio conclut que le seul indicateur fiable est la faillite financière de l’État combinée à un écart de richesse extrême. Quand le gouvernement ne peut plus sauver financièrement les entités en difficulté, ni acheter ce qu’il faut, ni payer ceux qui doivent faire leur travail, il perd son pouvoir.
Dans ce contexte, la lutte pour le pouvoir devient la seule option. La lutte des classes s’intensifie, et différents groupes commencent à se diaboliser mutuellement. Dans les exemples les plus sombres de l’histoire — comme le traitement des Juifs par les nazis —, des populations entières sont désignées comme boucs émissaires, responsables de tous les problèmes.
La vérité commence à se désintégrer. Les médias de gauche soutiennent la gauche, ceux de droite soutiennent la droite. La presse devient arme de guerre, et les citoyens sont jugés et condamnés sans procès, leur vie détruite. Les règles s’effondrent, et la guerre devient une lutte “gagnant-perdant”.
Y a-t-il encore une voie de sortie ? La recherche d’un “despote bienveillant”
Dalio avance une hypothèse inquiétante : la cinquième étape est un carrefour. Une voie peut mener à une guerre civile, l’autre à une coexistence pacifique et prospère.
Mais il souligne que la voie de la paix est la plus difficile à emprunter. Elle nécessite un leader fort, capable d’unir la majorité plutôt que de la diviser, et de faire faire aux gens les sacrifices nécessaires pour corriger la situation. Historiquement, de tels “despotes bienveillants” sont rares.
L’autre option, ce sont des leaders “guerriers” — ceux qui conduisent le pays dans la guerre civile ou la révolution. L’histoire des années 1930 montre ce que cela peut entraîner.
Après la prise de la Bastille, la France a sombré dans la violence. La révolution russe a coûté la vie à des millions de personnes. Ce ne sont pas que des chiffres abstraits : ce sont des souffrances humaines concrètes.
Les signaux d’alerte clignotent
Que devons-nous en conclure ?
Premièrement, nous sommes à un moment extrêmement dangereux. Toutes les caractéristiques de la cinquième étape sont présentes : crise financière, inégalités, populisme, polarisation, augmentation spectaculaire de la violence.
Deuxièmement, les signes de passage à la sixième étape apparaissent aussi : événements violents, conflits de pouvoir entre États et fédéral, déclin des extrémistes — autant de signaux qui pointent dans une direction précise.
Troisièmement, nous sommes à un “moment de la Bastille” — un point critique où, avant qu’il ne soit trop tard, des changements restent possibles ; après, l’histoire suivra souvent une voie sombre et connue.
La dernière leçon
La conclusion de Dalio est simple mais puissante : “L’histoire montre que la coopération habile, permettant de créer des relations gagnant-gagnant efficaces, de faire grand et de partager équitablement, est bien plus précieuse — et beaucoup plus douloureuse — que la guerre pour la richesse et le pouvoir, qui mène à l’asservissement de l’un ou l’autre.”
Mais pour y parvenir, il faut d’abord reconnaître où nous en sommes. Il faut admettre que la leçon de la Bastille est inscrite dans le sang de l’histoire.
Nous ne pouvons pas changer le cycle historique, mais nous pouvons choisir comment agir dans ce cycle. Le problème, c’est que cette fenêtre d’action se ferme rapidement.
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De 1789 à 2026 : le "moment Bastille" et la crise américaine selon Ray Dalio
Ray Dalio, un investisseur légendaire spécialisé dans l’analyse des modèles historiques pour la macroéconomie mondiale, a récemment lancé un avertissement alarmant. Cet expert, qui étudie depuis des décennies les cycles de l’histoire, voit se jouer sous ses yeux un “film” qu’il a déjà vu maintes fois dans le passé. Le problème, c’est que la fin de ce “film” est souvent tragique.
En retraçant l’histoire, on constate un schéma inquiétant : depuis la prise de la Bastille en 1789 jusqu’à la crise mondiale de 1930-1945, puis dans le contexte actuel des États-Unis, un modèle sinistre se dessine : la société tend à suivre des cycles prévisibles, et ce cycle pousse les États-Unis vers un point critique dangereux.
La théorie des grands cycles : pourquoi l’histoire se répète toujours
Ray Dalio a consacré des dizaines d’années à l’étude de l’histoire, cherchant à comprendre comment se forment et s’effondrent l’ordre monétaire, politique et géopolitique. Il appelle ce phénomène le “Grand Cycle” — un cycle majeur d’environ 80 ans, soit une génération.
“Pour moi, observer ce qui se passe aujourd’hui, c’est comme regarder un film que j’ai déjà vu plusieurs fois dans l’histoire.” écrit Dalio dans son ouvrage Principes pour faire face à l’ordre mondial en mutation. Il détaille les forces et les signaux qui alimentent ce cycle, permettant de comparer la réalité présente aux modèles historiques.
Selon Dalio, nous sommes actuellement à la frontière entre la cinquième phase (la veille de l’effondrement de l’ordre) et la sixième (l’effondrement lui-même). Et les conséquences de cette transition ont été maintes fois démontrées par l’histoire.
Écart de richesse, populisme, polarisation — le triptyque toxique de la “cinquième phase”
Qu’est-ce qui marque l’entrée d’une société dans cette cinquième étape ? Dalio identifie une “combinaison toxique” classique :
Premièrement, l’État et ses citoyens sont en mauvaise santé financière. La dette fédérale américaine est hors de contrôle, plusieurs États (Californie, Illinois, New York) font face à des crises fiscales de longue durée. Les gouvernements locaux ne peuvent plus financer l’entretien des infrastructures ni assurer les services publics, sans parler des chocs économiques à venir.
Deuxièmement, d’énormes écarts de revenus, de richesse et de valeurs existent en leur sein. La inégalité de richesse aux États-Unis a atteint des niveaux proches de ceux de la Grande Dépression des années 1920. La proportion de richesse contrôlée par une minorité de très riches n’a été égalée que par quelques périodes de l’histoire. Ce fossé n’est pas seulement économique, il est aussi idéologique — des groupes aux visions radicalement opposées sur l’avenir du pays.
Troisièmement, des chocs économiques négatifs graves surviennent. Inflation, volatilité des marchés financiers, risques géopolitiques : ces crises provoquent des réactions en chaîne dans une société déjà fragile.
Lorsque ces trois conditions coexistent, l’histoire montre ce qui se produit : chaos, conflits, voire parfois guerre civile.
Populisme et polarisation : la disparition des modérés
Dans ce contexte de chaos et de mécontentement, émergent des leaders anti-élites, prétendant défendre le peuple. On parle de populistes. Aux États-Unis, on voit une montée du populisme des deux côtés : en 2016, Donald Trump a incarné le populisme de droite, tandis que Bernie Sanders et Alexandria Ocasio-Cortez ont représenté la vague de populisme de gauche.
L’observation clé est : plus le populisme et la polarisation sont intenses, plus un pays s’éloigne de la cinquième étape, se rapprochant du risque de guerre civile ou de révolution.
Selon une récente étude du Pew Research Center (septembre-octobre 2025), 85 % des adultes américains reconnaissent que la violence politique est en augmentation. Un sondage PBS News/NPR/Marist indique que près d’un tiers (30 %) des Américains pensent que pour remettre le pays sur les rails, il faudra recourir à la violence.
Il ne s’agit pas de spéculer sur ce qui pourrait arriver — c’est une réalité psychologique : un tiers des Américains se disent prêts à la violence.
De la cinquième à la sixième étape : les États-Unis au bord du précipice
Mais comment reconnaître le passage de la cinquième étape (crise) à la sixième (guerre civile) ? Dalio cite deux indicateurs clés :
Premierement, des morts dans des affrontements. Cela indique presque forcément le début d’une phase plus violente de guerre civile, qui durera jusqu’à ce qu’un vainqueur soit clairement désigné.
Deuxièmement, dans une démocratie fédérale comme les États-Unis, des conflits de pouvoir entre États et gouvernement central sont fréquents. Cela a précédé la chute de nombreux empires, et cela se joue actuellement aux États-Unis.
Selon l’analyse du Center for Strategic and International Studies (CSIS), entre 2016 et 2024, 21 attaques ou complots politiques ont été recensés, contre seulement deux dans les 25 années précédentes. La fréquence des violences politiques a ainsi été multipliée par dix en peu de temps.
Les États-Unis sont aujourd’hui un “baril de poudre”. Le pays possède plus d’armes à feu que d’habitants, et beaucoup de citoyens ont une tendance à la violence. Si l’incident récent à Minneapolis n’est qu’un exemple isolé, il révèle une crise plus profonde : la lutte pour le pouvoir entre le gouvernement fédéral et les États s’intensifie.
La leçon de la Bastille : quand l’histoire devient réalité
Pourquoi évoquer la prise de la Bastille en 1789 ? Parce que cet événement marque le début de la Révolution française — mais personne ne le savait à l’époque.
Comme le souligne Dalio, “bien que les historiens fixent des dates pour le début et la fin des guerres civiles, ces dates sont arbitraires. En réalité, peu de gens savaient que la guerre civile avait commencé ou était terminée, mais ils savaient qu’ils y participaient.”
Le jour de la prise de la Bastille, des insurgés attaquèrent cette prison symbole du pouvoir royal, sans savoir que cela entraînerait une décennie de Terreur, la chute de la reine, et la destruction de ses propres leaders.
Nous sommes confrontés à un dilemme similaire : nous savons que nous sommes en crise, mais nous ignorons comment elle va évoluer. Nous pouvons identifier les facteurs de déstabilisation — inégalités, populisme, polarisation, violence — mais nous ne pouvons prévoir la fin de cette “film”.
Comment l’intérieur d’une guerre civile se construit : de la théorie à la réalité
Après avoir étudié plus de cinquante guerres civiles et révolutions, Dalio conclut que le seul indicateur fiable est la faillite financière de l’État combinée à un écart de richesse extrême. Quand le gouvernement ne peut plus sauver financièrement les entités en difficulté, ni acheter ce qu’il faut, ni payer ceux qui doivent faire leur travail, il perd son pouvoir.
Dans ce contexte, la lutte pour le pouvoir devient la seule option. La lutte des classes s’intensifie, et différents groupes commencent à se diaboliser mutuellement. Dans les exemples les plus sombres de l’histoire — comme le traitement des Juifs par les nazis —, des populations entières sont désignées comme boucs émissaires, responsables de tous les problèmes.
La vérité commence à se désintégrer. Les médias de gauche soutiennent la gauche, ceux de droite soutiennent la droite. La presse devient arme de guerre, et les citoyens sont jugés et condamnés sans procès, leur vie détruite. Les règles s’effondrent, et la guerre devient une lutte “gagnant-perdant”.
Y a-t-il encore une voie de sortie ? La recherche d’un “despote bienveillant”
Dalio avance une hypothèse inquiétante : la cinquième étape est un carrefour. Une voie peut mener à une guerre civile, l’autre à une coexistence pacifique et prospère.
Mais il souligne que la voie de la paix est la plus difficile à emprunter. Elle nécessite un leader fort, capable d’unir la majorité plutôt que de la diviser, et de faire faire aux gens les sacrifices nécessaires pour corriger la situation. Historiquement, de tels “despotes bienveillants” sont rares.
L’autre option, ce sont des leaders “guerriers” — ceux qui conduisent le pays dans la guerre civile ou la révolution. L’histoire des années 1930 montre ce que cela peut entraîner.
Après la prise de la Bastille, la France a sombré dans la violence. La révolution russe a coûté la vie à des millions de personnes. Ce ne sont pas que des chiffres abstraits : ce sont des souffrances humaines concrètes.
Les signaux d’alerte clignotent
Que devons-nous en conclure ?
Premièrement, nous sommes à un moment extrêmement dangereux. Toutes les caractéristiques de la cinquième étape sont présentes : crise financière, inégalités, populisme, polarisation, augmentation spectaculaire de la violence.
Deuxièmement, les signes de passage à la sixième étape apparaissent aussi : événements violents, conflits de pouvoir entre États et fédéral, déclin des extrémistes — autant de signaux qui pointent dans une direction précise.
Troisièmement, nous sommes à un “moment de la Bastille” — un point critique où, avant qu’il ne soit trop tard, des changements restent possibles ; après, l’histoire suivra souvent une voie sombre et connue.
La dernière leçon
La conclusion de Dalio est simple mais puissante : “L’histoire montre que la coopération habile, permettant de créer des relations gagnant-gagnant efficaces, de faire grand et de partager équitablement, est bien plus précieuse — et beaucoup plus douloureuse — que la guerre pour la richesse et le pouvoir, qui mène à l’asservissement de l’un ou l’autre.”
Mais pour y parvenir, il faut d’abord reconnaître où nous en sommes. Il faut admettre que la leçon de la Bastille est inscrite dans le sang de l’histoire.
Nous ne pouvons pas changer le cycle historique, mais nous pouvons choisir comment agir dans ce cycle. Le problème, c’est que cette fenêtre d’action se ferme rapidement.