Comprendre la législation sur le « Pork Barrel » : une plongée approfondie dans les pratiques de dépenses du gouvernement américain

La législation dite du “pork barrel” représente l’un des défis les plus persistants dans la gestion fiscale américaine. Au cours des décennies passées, des milliards de dollars des contribuables ont été alloués via des crédits spécifiques—des dérogations insérées dans des lois plus vastes pour bénéficier à des circonscriptions ou des électeurs particuliers. L’année 2010 offre un aperçu frappant du fonctionnement de ce système, révélant les mécanismes par lesquels la dépense de “pork barrel” se perpétue dans le processus législatif.

L’anatomie de la dépense de “pork barrel” : comment les crédits spécifiques entrent dans le système

Le terme “pork barrel” lui-même porte une charge historique, antérieure même à l’époque de la guerre de Sécession, lorsque des barils de sel porc étaient distribués en récompense de loyauté politique. La législation actuelle sur le “pork barrel” fonctionne de manière similaire—comme un mécanisme permettant aux législateurs d’obtenir le soutien de leurs électeurs et alliés politiques. Qu’est-ce qui distingue cette dépense des crédits ordinaires ? Des organisations comme Citizens Against Government Waste (CAGW) ont élaboré des critères pour identifier le véritable “pork” : projets demandés par une seule chambre du Congrès, ceux sans approbation présidentielle ou appel à la concurrence, et allocations qui dépassent largement les demandes budgétaires ou servent uniquement des intérêts locaux.

Au début de sa présidence, le président Obama a publiquement plaidé pour la réduction des dépenses inutiles. Pourtant, en mars 2009, le Congrès lui a présenté un plan de relance de 410 milliards de dollars comprenant 7,7 milliards de dollars en crédits spécifiques—qu’il a signé en loi. Cette contradiction illustre la nature profondément enracinée de la législation du “pork barrel” dans la gouvernance américaine, où la nécessité politique prime souvent sur la rhétorique de responsabilité fiscale.

Les chiffres racontent une histoire : suivre les tendances de l’allocation inefficace

Selon l’analyse de CAGW, 2010 a connu une légère baisse des dépenses de “pork barrel” par rapport à 2009, avec une réduction de -10 % du total des crédits spécifiques et -15 % du montant total dépensé. Pourtant, malgré cette amélioration, les législateurs ont encore approuvé plus de 9 000 projets de “pork” coûtant 16,5 milliards de dollars. La répartition révèle des schémas surprenants : 1 million de dollars pour la maison Sewall-Belmont à Washington D.C. (demandé par la sénatrice Mary Landrieu), 250 000 dollars pour un réseau sans fil à Hartselle, Alabama (population 13 888), et 225 000 dollars pour des expositions au musée d’art de Saint-Louis—une institution disposant déjà d’un fonds de 148 millions de dollars.

Les intérêts agricoles ont reçu une attention importante : 2,5 millions de dollars pour la recherche sur la pomme de terre dans quatre États, tandis que 4,8 millions de dollars ont été consacrés à la recherche sur l’utilisation du bois. Des projets de niche se sont multipliés, notamment 500 000 dollars pour le contrôle du serpent brun des arbres à Guam (qui poursuit une initiative de 15,1 millions de dollars depuis 1996) et 693 000 dollars pour la recherche d’amélioration du bétail au Missouri et au Texas.

Les subventions importantes portaient souvent le nom de législateurs individuels, suggérant un contrôle personnel sur les crédits. Le programme de subventions du sénateur Tom Harkin, portant son nom, a reçu 7,2 millions de dollars (il avait initialement demandé 10 millions), tandis que l’Institut du sénateur défunt Robert C. Byrd pour la fabrication flexible avancée a obtenu 7 millions de dollars. En tant que président du comité des crédits, Byrd a démontré ce que les observateurs appelaient un “pouvoir carte blanche” sur ses propres demandes de financement—un schéma que CAGW a mis en évidence plus tard dans leur “Narcissist Award” pour les dépenses les plus inutiles.

Lacunes en matière de transparence : le risque des crédits anonymes

Peut-être la dimension la plus révélatrice est celle de l’anonymat dans la législation du “pork barrel”. Plus de 50 % du coût total des crédits spécifiques—6 milliards de dollars répartis sur 35 projets anonymes de la Défense—n’ont fait l’objet d’aucune revendication ou paternité. Cet anonymat permet aux législateurs de récompenser leurs soutiens sans reconnaître publiquement l’allocation, évitant ainsi la responsabilité personnelle tout en distribuant des bénéfices aux électeurs.

Les 17 millions de dollars attribués au Fonds international pour l’Irlande illustrent ce défi. Créé en 1986 pour promouvoir la réconciliation entre nationalistes et unionistes irlandais, le programme a continué à recevoir des crédits substantiels même lorsque la stabilité politique en Irlande du Nord s’est améliorée. L’ancien ambassadeur irlandais Sean Donlon a qualifié la situation sécuritaire de “stable” en 2009—ce qui soulève des questions sur la nécessité continue de ces fonds.

De l’analyse à l’action : lutter contre la législation du “pork barrel”

Comprendre la législation du “pork barrel” nécessite de la voir non pas seulement comme des projets inutiles isolés, mais comme une caractéristique systémique de la façon dont le Congrès alloue ses ressources. La persistance des crédits spécifiques malgré les efforts répétés de réforme fiscale démontre leur utilité politique pour les législateurs cherchant à récompenser leurs circonscriptions et partenaires de coalition.

Les citoyens peuvent s’engager dans ce système en contactant leurs représentants pour exprimer leurs préoccupations concernant des crédits spécifiques. CAGW maintient un suivi détaillé de ces dépenses, fournissant aux citoyens des données pour soutenir leur plaidoyer. Bien que la législation du “pork barrel” reste profondément ancrée dans le processus budgétaire américain, des mécanismes de transparence et de responsabilité offrent des voies pour exiger une gouvernance fiscale plus disciplinée de la part des élus.

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