Cadre de réglementation des stablecoins au Royaume-Uni prend forme : Ce que l'arbitrage de détail signifie pour les paiements

La Banque d’Angleterre a dévoilé un cadre réglementaire complet pour les stablecoins libellés en livre sterling, suscitant un débat intense au sein de l’industrie financière. La consultation, lancée à la fin de 2025, aborde la régulation des stablecoins systémiques lorsqu’ils sont largement adoptés à des fins de paiement. La banque centrale du Royaume-Uni estime que les stablecoins pourraient permettre des paiements plus rapides, moins chers et plus efficaces s’ils sont adoptés à grande échelle dans le pays. En vertu de la Financial Services and Markets Act 2023, le mandat de la BoE s’est élargi pour inclure les actifs de règlement numérique, faisant des stablecoins une priorité réglementaire—en particulier face à la montée des préoccupations concernant les opportunités d’arbitrage de détail pouvant déstabiliser le marché.

Exigences de réserve et défi de l’arbitrage de détail

Le cadre de la BoE propose des exigences de réserve spécifiques conçues pour équilibrer liquidité et efficacité. Les émetteurs de stablecoins systémiques devront maintenir jusqu’à 60 % de leurs actifs en dette à court terme du gouvernement britannique et au moins 40 % en dépôts non rémunérés auprès de la banque centrale. La banque centrale soutient que cette répartition 60-40 préserve la liquidité tout en permettant des rendements modestes pour les émetteurs. Cependant, les décideurs britanniques ont rejeté les propositions d’allocations plus élevées en dette publique, craignant que des réserves de trésorerie insuffisantes ne puissent empêcher des demandes de rachat rapides—une vulnérabilité critique si les investisseurs de détail se livrent à des stratégies d’arbitrage.

L’exigence de 40 % de dépôts non rémunérés vise deux objectifs : fournir une liquidité instantanée en cas de choc de marché et refléter les calculs de retrait en scénario de stress. Pourtant, l’Institute of International Finance a remis en question si cette approche reste compétitive face à d’autres régimes, notamment le cadre MiCA européen. Le groupe industriel a souligné une préoccupation clé : des règles restrictives sur les réserves pourraient créer des opportunités d’arbitrage entre stablecoins réglementés au Royaume-Uni et des alternatives moins réglementées ailleurs, encourageant l’arbitrage réglementaire plutôt que la stabilité.

Modèle de régulation conjointe et préoccupations de l’industrie

Les stablecoins systémiques utilisés pour les paiements de détail ou d’entreprise seront soumis à une supervision conjointe par la Banque d’Angleterre et la Financial Conduct Authority, suite à l’identification par le HM Treasury de services d’importance systémique. Les tokens non systémiques principalement utilisés pour le trading de cryptomonnaies relèvent uniquement de la supervision de la FCA. Les émetteurs désignés comme systémiques relèvent des autorités du Banking Act, leur conférant le pouvoir de demander des informations, d’établir des règles et de faire respecter la conformité.

L’IIF et d’autres acteurs de l’industrie ont exprimé plusieurs préoccupations concernant la compétitivité et la faisabilité. Ils ont questionné si les restrictions sur les blockchains permissionless pouvaient être efficacement appliquées et ont appelé à des définitions plus claires de termes comme « règlement numérique » et « stablecoin qualifié ». Le groupe de défense de l’industrie a recommandé que la BoE autorise des actifs rémunérés alternatifs—tels que des dépôts bancaires commerciaux ou des fonds monétaires à usage spécial—plutôt que d’imposer des réserves non rémunérées auprès de la banque centrale. Cette suggestion vise à équilibrer la concurrence entre émetteurs liés aux banques et non bancaires à l’échelle mondiale, évitant ainsi les dynamiques d’arbitrage qui pourraient fragmenter le marché.

Le Parlement britannique intensifie la surveillance

Au-delà de la consultation de la BoE, le Parlement britannique intensifie son attention sur le secteur des stablecoins. La House of Lords Financial Services Regulation Committee a lancé en février 2026 une enquête officielle, sollicitant des contributions sur la croissance des stablecoins et les réglementations proposées. Le comité a spécifiquement demandé des preuves concernant les opportunités et menaces pour l’économie britannique, les prévisions de développement du marché, et les barrières réglementaires existantes. La date limite de soumission est fixée au 11 mars 2026, afin de recueillir un avis complet des parties prenantes avant de finaliser ses recommandations.

Lord Forsyth of Drumlean, président du comité, a encouragé toute personne ayant une expertise ou un intérêt dans le domaine à soumettre ses contributions, ce qui témoigne de l’engagement du Parlement à équilibrer innovation et stabilité financière. Cette approche réglementaire à double volet—allant de l’élaboration de la politique de la BoE à la surveillance parlementaire—reflète la détermination du Royaume-Uni à établir un cadre clair et crédible, abordant à la fois la protection des investisseurs de détail et la prévention de l’arbitrage entre différentes juridictions réglementaires.

Le résultat influencera fortement la manière dont les stablecoins seront déployés pour les paiements de détail quotidiens au Royaume-Uni, tout en déterminant si le pays deviendra un leader mondial en régulation des actifs numériques ou s’il cédera du terrain à des juridictions plus permissives à l’étranger.

Voir l'original
Cette page peut inclure du contenu de tiers fourni à des fins d'information uniquement. Gate ne garantit ni l'exactitude ni la validité de ces contenus, n’endosse pas les opinions exprimées, et ne fournit aucun conseil financier ou professionnel à travers ces informations. Voir la section Avertissement pour plus de détails.
  • Récompense
  • Commentaire
  • Reposter
  • Partager
Commentaire
Ajouter un commentaire
Ajouter un commentaire
Aucun commentaire
  • Épingler