Le yen ne peut pas monter ? Le responsable des changes du Japon cite les règles du FMI : il n'y a pas de limite fixée au nombre d'interventions sur le taux de change

Ministère des Finances du Japon, le responsable des devises, Atsushi Mimura — surnommé « le plus haut responsable des changes » sur le marché — a lancé une phrase lors d’une conférence de presse, pointant directement du doigt le Fonds Monétaire International (FMI) : « Les règles n’indiquent pas noir sur blanc une limite au nombre d’interventions. » Dès que ses mots ont été prononcés, les traders en devises ont immédiatement compris la signification implicite : les autorités japonaises conservent toujours la légitimité pour intervenir à tout moment, et le yen, qui a brusquement monté à 155 face au dollar le lendemain (mercredi 6/5), n’était qu’une nouvelle étape dans une série de paris et de contre-paris, une pause dans un jeu de forces.

Qu’a réellement dit Mimura ?

Atsushi Mimura a clairement indiqué aux journalistes que la classification du « taux de change flottant libre » par le FMI ne stipulait pas de limite de fréquence d’intervention sur le marché des devises. Il a également souligné que le gouvernement continuerait de suivre de près l’évolution du taux de change avec « un sens de l’urgence élevé », scrutant tous les marchés pour envisager d’éventuelles mesures.

Concernant les deux questions qui préoccupent le plus le marché, Mimura est resté silencieux : d’une part, s’il existe une ligne de défense implicite pour le yen, et d’autre part, la visite prochaine du secrétaire au Trésor américain Scott Bessent au Japon. Il a refusé de commenter la première, et n’a rien dit sur la seconde, se contentant de réaffirmer que « les activités spéculatives sur le marché des devises se poursuivent ».

Il est important de noter que Mimura n’a pas nié les mouvements récents du marché des changes. La forte hausse du yen le 6/5 a été interprétée par le marché comme un nouveau signal d’intervention du ministère des Finances japonais, « agissant par l’action plutôt que par la parole », mais Mimura a clairement refusé de faire tout commentaire sur cette volatilité.

Bloomberg a compté le total du FMI : il ne reste que 2 interventions avant novembre

Mimura a raison — en théorie, les règles du FMI ne fixent pas de limite précise au nombre d’interventions. Mais après avoir analysé les seuils de classification du « taux de change flottant libre » par le FMI, Bloomberg a indiqué qu’une fois qu’un pays dépasse « 3 interventions en 6 mois », la position de la monnaie comme « flottante libre » est remise en question. La méthode de calcul considère qu’une intervention continue tous les 3 jours constitue une seule opération.

En comparant avec les enregistrements récents du ministère des Finances japonais, les chiffres ne sont pas optimistes : le 30/4, le 2/5 et le 4/5, le gouvernement a effectué trois interventions pour soutenir le yen, mobilisant environ 54 milliards de dollars. La plus grande intervention a eu lieu le 30/4, avec environ 34,5 milliards de dollars, réussissant à ramener le yen de 160 à environ 155 ; les deux autres interventions ont eu des effets décroissants, avec une reprise du marché de plus en plus limitée.

Selon le cadre de calcul de Bloomberg, en comptant à partir du début mai, la fenêtre de 6 mois jusqu’en novembre a déjà utilisé 3 quotas d’intervention, ne laissant que 2 opérations possibles. En d’autres termes, si Mimura insiste sur le fait que « le FMI n’a pas de limite », c’est techniquement vrai ; mais si deux autres interventions ont lieu, le statut de flottement libre du yen pourrait être reclassé par le FMI, ce qui représenterait le véritable plafond implicite.

Bessent en visite la semaine prochaine, combien de temps le yen pourra-t-il encore soutenir ?

Sur le plan diplomatique, la tension monte également. Le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent doit se rendre au Japon la semaine prochaine, pour rencontrer la Première ministre Sanae Takaichi, afin d’aborder le commerce, le taux de change, et comment contenir la pression spéculative sur le yen.

Mimura a refusé de commenter la visite de Bessent, mais il a révélé qu’il maintenait un contact quotidien avec les Américains, et que ces derniers comprenaient parfaitement la stratégie et les actions du Japon. Ce commentaire est lourd de sens : si un consensus s’est formé entre Tokyo et Washington sur l’intervention, le coût pour parier contre le yen ne sera plus seulement une opposition au ministère des Finances japonais, mais une confrontation contre une alliance soutenue par les États-Unis.

Le problème auquel le marché est désormais confronté n’est plus « le Japon ose-t-il intervenir », mais « combien d’interventions restent-il ? » Selon le FMI, il ne reste que 2 interventions avant novembre ; Mimura, lui, indique qu’il peut intervenir à tout moment, et la visite de Bessent laisse entendre qu’une coordination bilatérale pourrait être en train de se mettre en place. La prochaine étape du yen pourrait bien se révéler au moment où Bessent atterrira à Tokyo, lorsque la réponse claire émergera.

Cet article provient de Gold Finance, publié le 7 mai 2026, avec une synthèse de Bloomberg et Japan Times pour le contexte, organisé par Dongqu Dongqu.

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