10 mars – Selon un récent rapport de la grande banque américaine JPMorgan, si l’île stratégique de Harg Island, située dans le Golfe Persique, venait à être contrôlée par une coalition américaine et israélienne, la production de pétrole iranien pourrait chuter d’environ 50 %, voire que ses exportations de pétrole brut soient presque totalement interrompues. Ce scénario est considéré comme l’un des événements potentiellement les plus perturbateurs dans le contexte actuel des risques géopolitiques au Moyen-Orient.
Harg Island, située à environ 30 kilomètres des côtes iraniennes, est le principal centre d’exportation de pétrole brut de l’Iran, assurant environ 90 % de ses exportations pétrolières. Dans le rapport, JPMorgan indique qu’une attaque directe ou un contrôle de cette installation pourrait gravement endommager le système commercial pétrolier iranien, tout en pouvant entraîner des représailles contre les infrastructures énergétiques de la région, voire menacer la sécurité de la navigation dans le détroit d’Ormuz.
Les données montrent que l’Iran produit actuellement environ 3,3 millions de barils de pétrole brut par jour, ainsi qu’environ 1,3 million de barils de condensats et autres carburants liquides, représentant au total environ 4,5 % de l’approvisionnement mondial en pétrole. Les analystes estiment qu’une interruption de cette chaîne d’approvisionnement pourrait provoquer une volatilité importante sur le marché mondial de l’énergie, avec un renchérissement du prix du pétrole et une remise en question de la sécurité énergétique, redevenant ainsi des sujets clés pour les marchés financiers.
Le rapport revient également sur des cas historiques. Lors de la crise des otages en Iran en 1979, le président américain Jimmy Carter, tout en imposant des sanctions à l’Iran, n’a pas attaqué Harg Island. Pendant la guerre Iran-Irak dans les années 1980, les actions militaires du gouvernement de Ronald Reagan se concentraient principalement sur la protection des navires et la destruction des installations militaires iraniennes, et l’île est restée en grande partie opérationnelle. JPMorgan souligne qu’au cours de cette guerre de huit ans, malgré plusieurs attaques contre les pétroliers et les installations de stockage iraniens, Harg Island a pu être rapidement réparée et remise en service. Cela indique que pour paralyser complètement cette installation, il faudrait des attaques continues à grande échelle.
Par ailleurs, le président américain Donald Trump a de nouveau affiché une posture ferme lors d’une récente interview. Il a déclaré que si l’Iran tentait de perturber l’approvisionnement énergétique régional, les États-Unis détruiraient rapidement les infrastructures concernées, tout en avertissant que l’Iran et ses alliés subiraient des « coups encore plus lourds ».
Sur le marché, les prix de l’énergie ont déjà connu une volatilité notable. Le prix du pétrole brut WTI a brièvement atteint près de 119 dollars le baril en début de séance, avant de redescendre en dessous de 88 dollars. Les analystes estiment qu’avec l’accroissement de l’incertitude concernant la sécurité du détroit d’Ormuz et le transport énergétique au Moyen-Orient, le risque d’interruption de l’approvisionnement mondial en pétrole et la rivalité géopolitique deviennent des variables clés influençant le marché de l’énergie.