Le piège caché du boom nucléaire : pourquoi deux actions chaudes pourraient s'effondrer avant de monter

Le secteur de l’énergie nucléaire a connu un rallye spectaculaire en 2025, avec le ETF Global X Uranium en hausse de 72 % depuis le début de l’année, laissant loin derrière les gains du S&P 500. Cette poussée reflète un changement fondamental dans la politique énergétique : les initiatives de l’administration Trump ont positionné l’énergie nucléaire—en particulier les petits réacteurs modulaires (SMRs)—comme une solution d’infrastructure critique pour alimenter les centres de données d’intelligence artificielle. L’enthousiasme a propulsé les startups nucléaires émergentes à des valorisations stratosphériques, mais derrière cette façade se cache une réalité préoccupante que les investisseurs ignorent.

Le chouchou du marché : Les titres impressionnants d’Oklo dissimulent une crise de liquidités

Oklo a captivé l’imagination des investisseurs, avec une hausse de 247 % de son action au cours de l’année écoulée. La conception du microréacteur Aurora de la société, alimenté par du combustible HALEU (High-Assay Low-Enriched Uranium (HALEU)) et capable de produire de 1,5 à 75 mégawatts, représente une véritable innovation technologique. Oklo occupe une position pionnière : c’est le premier SMR à obtenir un permis d’utilisation de site du Département de l’Énergie pour une installation de fission avancée commerciale, et le premier à déposer une demande de licence combinée personnalisée auprès de la Nuclear Regulatory Commission.

L’entreprise poursuit également une stratégie ambitieuse de recyclage du combustible pour réduire la dépendance des États-Unis vis-à-vis des approvisionnements étrangers en uranium. Plusieurs contrats avec le Département de l’Énergie apportent une crédibilité supplémentaire, soutenant à la fois le développement technologique et trois projets d’usines de fabrication de combustible.

Pourtant, le calendrier révèle le cœur du problème. Oklo prévoit que son premier réacteur commercial sera en ligne en 2027, avec une rentabilité selon les normes GAAP en 2030 et un flux de trésorerie disponible positif d’ici 2033. Sur le papier, cela semble gérable. La société détient actuellement plus de $920 millions en liquidités et dépense moins de $40 millions par an.

Les chiffres se détériorent rapidement lorsque la construction s’accélère. Les analystes projettent des dépenses en capital dépassant $580 millions au cours des trois prochaines années, suivies d’environ $1 milliards par an pour les quatre années suivantes. À ce rythme, Oklo épuise ses réserves de trésorerie plusieurs années avant d’atteindre la rentabilité. La société doit faire face à un choix difficile : émettre une dette importante ou diluer massivement ses actions—probablement les deux. Quelle que soit la voie choisie, cela aura des conséquences négatives pour les actionnaires actuels lorsque le marché intégrera enfin cette réalité.

Nano Nuclear Energy : une approche diversifiée avec une situation financière plus fragile

Nano Nuclear Energy présente un scénario similaire—mais arguably plus précaire. Comme Oklo, Nano n’a actuellement aucun revenu et ne devrait pas générer de bénéfices avant 2027, avec une rentabilité reportée à 2033. Cependant, le modèle économique de Nano manque de focus : l’entreprise développe des microréacteurs pour centres de données, des réacteurs pour engins spatiaux, des opérations d’enrichissement et de transport de combustible nucléaire, ainsi que des services de conseil pour l’industrie. Bien que la diversification semble prudente, les analystes semblent sceptiques quant à la capacité de Nano à disposer de suffisamment de capital pour réaliser cette vaste feuille de route.

Avec seulement environ $200 millions en réserves de liquidités, la marge de manœuvre financière de Nano est nettement plus mince que celle d’Oklo. Plus révélateur encore, les analystes ont cessé de publier des projections détaillées sur les dépenses en capital et le flux de trésorerie disponible au-delà de quelques années—ce qui suggère des doutes quant à la solvabilité à court terme de l’entreprise. Entre les deux candidats, Nano Nuclear semble plus exposée à un début de crise financière.

Le problème sous-jacent que partagent les deux entreprises

Aucune des deux n’a démontré de voie claire vers la rentabilité qui résisterait à l’analyse. La problématique fondamentale dépasse l’exécution individuelle : les deux entreprises nécessitent des investissements massifs avant de générer un seul dollar de revenus. Dans un contexte de hausse des taux d’intérêt, la dette devient plus coûteuse, tandis que l’émission d’actions dilue les investisseurs existants. La période de 12 mois durant laquelle ces actions ont connu une hausse ne constitue pas une validation des fondamentaux commerciaux, mais plutôt une anticipation du marché quant au potentiel technologique, tout en restant volontairement aveugle aux réalités du bilan.

La renaissance nucléaire est réelle. Le soutien politique est authentique. Mais cela ne garantit pas une exécution réussie—ni des rendements pour les actionnaires.

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