Le dernier rapport sur l’investissement en or publié par Incrementation, « In Gold We Trust », présente des prévisions choc concernant le marché de l’or dans 20 ans. La scénarisation optimiste selon laquelle le prix de l’or pourrait atteindre 8 900 dollars d’ici la fin 2030 reflète de manière saisissante l’environnement actuel du marché et les tendances macroéconomiques à long terme. Déjà en 2026, nous disposons de suffisamment d’éléments pour évaluer la crédibilité de cette prévision.
Le marché de l’or dans 20 ans : le stade haussier n’a pas encore commencé
Selon la théorie de Dow, un marché haussier passe par trois phases : la phase d’accumulation où les capitaux s’amassent discrètement, la phase d’engagement où les investisseurs généraux entrent en scène, et la phase d’euphorie où la spéculation atteint son apogée. Le marché actuel de l’or se situe précisément au milieu de la deuxième étape, celle de la participation des investisseurs ordinaires.
Cette étape se caractérise par plusieurs traits typiques : une couverture médiatique de plus en plus favorable, une augmentation du volume de transactions spéculatives, le lancement de nouveaux produits d’investissement, et une révision à la hausse des prévisions de marché — c’est exactement la situation que nous observons. Au cours des cinq dernières années, le prix de l’or a augmenté de 92 %, tandis que le pouvoir d’achat du dollar américain a chuté de 50 %. Il ne s’agit pas simplement d’une hausse numérique, mais d’une perte intrinsèque de valeur de la monnaie.
Le rapport, qui en 2020 prédisait une « décennie dorée », s’avère de plus en plus précis. La dynamique actuelle du prix de l’or suit presque parfaitement le scénario d’inflation, bien au-delà des prévisions fondamentales traditionnelles. L’année dernière, le prix de l’or en dollars a atteint 43 records, un rythme proche des 57 records de 1979.
La vérité révélée par le graphique du prix de l’or : plusieurs facteurs de soutien
Plusieurs facteurs macroéconomiques puissants soutiennent la prévision d’un prix de l’or à 8 900 dollars dans 20 ans.
Reconfiguration du système monétaire mondial
Comme le montre le rapport de Zoltan Pozsar, « Bretton Woods III », l’ordre international est en pleine mutation. Après l’ère de l’étalon-or, puis la dépendance aux obligations américaines, nous assistons à une transition vers un système multipolaire soutenu par l’or et les matières premières. Trois avantages majeurs de l’or ressortent dans ce processus.
Premièrement, l’or est un actif neutre, non lié à un pays ou à une force politique spécifique, et joue un rôle d’intégration dans un monde de plus en plus multipolaire. Deuxièmement, l’or ne comporte pas de risque de contrepartie, et sa détention dans des réserves nationales permet d’éviter tout risque de confiscation. Troisièmement, l’or est extrêmement liquide : selon une étude de la LBMA, sa liquidité dépasse celle des obligations d’État.
Une ruée historique vers l’achat d’or par les banques centrales
Depuis 2009, les banques centrales achètent en net de l’or, et depuis 2022, cette cadence s’accélère. Elles ont réalisé un « hat-trick » en ajoutant plus de 1 000 tonnes de réserves d’or chaque année pendant trois années consécutives. En 2025, la réserve mondiale d’or atteindra 36 252 tonnes.
Une tendance notable est la hausse de la part de l’or dans les réserves de change nationales. En 2025, elle atteint 22 %, un sommet depuis 1997. Comparée au pic historique de plus de 70 % dans les années 1980, il reste encore une marge de progression significative.
Les banques centrales asiatiques sont à l’origine de cette tendance, mais en 2024, la Pologne devient le principal acheteur. Selon Goldman Sachs, la Chine pourrait continuer à acheter près de 500 tonnes par an, ce qui représenterait près de la moitié des achats totaux des banques centrales mondiales sur les trois dernières années.
L’expansion de la masse monétaire qui tire le prix de l’or
Depuis 1900, la population américaine a été multipliée par 4,5, tandis que la masse monétaire M2 a été multipliée par 2 333. En conséquence, la masse monétaire par habitant a augmenté de plus de 500 fois. Le rapport compare cette croissance à une « athlète dopée aux stéroïdes », soulignant que derrière cette croissance apparente se cache une vulnérabilité structurelle.
La croissance de la masse monétaire dans les pays du G20 s’établit en moyenne à 7,4 % par an, et après trois années de contraction, elle repart à la hausse. Cette inflation monétaire constitue un moteur de long terme pour le prix de l’or, influençant directement la formation du marché dans deux décennies.
La nouvelle allocation d’investissement : se préparer pour 20 ans
L’allocation traditionnelle 60 % actions / 40 % obligations perd de sa pertinence. La nouvelle proposition du rapport est la suivante :
45 % actions, 15 % obligations, 15 % or comme actif sûr, 10 % « performance gold », 10 % matières premières, 5 % Bitcoin. Cette révision répond à la perte de confiance dans les obligations d’État et autres actifs traditionnels.
Le concept de « performance gold » est crucial. Il désigne des actifs comme l’argent, les actions minières, ou les matières premières, qui ont un potentiel de hausse important dans le contexte haussier récent. Historiquement, dans les décennies 1970 et 2000, l’or a souvent été le leader, suivi par l’argent et les actions minières. Sur le marché actuel, ce mécanisme de suivi n’est pas encore pleinement opérationnel.
La lecture du « prix de l’or fantôme » : une valeur théorique
Le concept de « prix de l’or fantôme » désigne le prix théorique de l’or si la masse monétaire de chaque pays était entièrement adossée à l’or. Cette méthode de calcul était utilisée à l’époque de l’accord de Bretton Woods.
Selon la masse monétaire actuelle, pour que la base monétaire américaine M0 soit entièrement adossée à l’or, le prix de l’or devrait atteindre 21 416 dollars. Pour M2, ce serait 82 223 dollars. En zone euro, cela correspondrait à environ 13 500 euros pour M0, avec un prix de l’or très élevé.
Historiquement, un taux de couverture de 40 % était la norme. La loi de la Réserve fédérale de 1914 fixait cette couverture à 40 %, ce qui nécessiterait un prix de l’or de 8 566 dollars. Entre 1945 et 1971, la couverture était de 25 %, et le prix « fantôme » actuel est de 5 354 dollars.
Aujourd’hui, la part de l’or dans la base monétaire américaine est de seulement 14,5 %. Cela signifie que 14,5 cents d’un dollar sont adossés à l’or, le reste de 85,5 % étant une valeur nominale. Dans les années 2000, ce ratio est passé de 10,8 % à 29,7 %. Pour atteindre un niveau comparable, le prix de l’or devrait presque doubler, dépassant 6 000 dollars.
Comparé au record historique de 131 % en 1980, cela montre à quel point la stabilité est aujourd’hui accrue. En ramenant le niveau de 1980 à l’échelle actuelle, le prix de l’or aurait dû atteindre environ 30 000 dollars.
Analyse du scénario jusqu’en 2030 : la divergence entre scénario de base et inflation
Le modèle de prix de l’or d’Incrementation propose deux scénarios.
Scénario de base : le prix de l’or atteindrait environ 4 800 dollars d’ici la fin 2030. L’objectif intermédiaire pour 2025 était de 2 942 dollars.
Scénario inflationniste : le prix de l’or pourrait atteindre environ 8 900 dollars d’ici 2030. L’objectif pour 2025 était de 4 080 dollars.
En janvier 2026, le prix de l’or dépasse déjà l’objectif de fin 2025 du scénario de base. Le rapport indique que l’évolution future dépendra fortement du taux d’inflation sur cinq ans, et qu’il est probable que le prix de l’or se situe entre ces deux scénarios à l’horizon 2030.
Risques inflationnistes et facteurs géopolitiques : l’incertitude dans 20 ans
Il n’est pas exclu qu’une seconde vague d’inflation, comme dans les années 1970, se produise. En comparant les tendances actuelles à celles des années 1970, plusieurs similitudes apparaissent.
À court terme, la déflation pourrait continuer, notamment en raison d’un effondrement des prix du pétrole. La forte appréciation des devises des pays avancés face au dollar renforce également l’effet déflationniste dans ces économies.
Cependant, les politiques de réponse à la récession et au chaos du marché pourraient devenir très inflationnistes : contrôle de la courbe des rendements, nouvelles mesures de relance quantitative, dépression financière, stimulus budgétaires supplémentaires, voire MMT ou « helicopter money ». Ces mesures, autrefois taboues, pourraient être envisagées.
En environnement stagflationniste, la performance de l’or est historiquement excellente : durant la stagflation des années 1970, le taux de croissance annuel réel de l’or a atteint 32,8 %, celui de l’argent 33,1 %, et celui des actions minières 21,2 %.
Le marché de l’or en 2030 : facteurs de risque et phases d’ajustement
À court terme, plusieurs risques existent. Si les achats des banques centrales diminuent plus que prévu, le rythme actuel d’environ 250 tonnes par trimestre pourrait ralentir. La réduction rapide des positions par les spéculateurs pourrait aussi peser sur le marché.
Une résolution du conflit en Ukraine, une détente en Middle East, ou la fin des tensions sino-américaines pourraient faire chuter la prime associée. Si l’économie américaine reste plus robuste que prévu, la Fed pourrait envisager de relever ses taux d’intérêt.
Il faut aussi prendre en compte la surchauffe technique et l’euphorie émotionnelle, qui pourraient entraîner une correction. Le dollar pourrait également connaître une correction à court terme, avec un risque de rebond.
Le rapport suggère qu’à court terme, le prix de l’or pourrait se stabiliser autour de 2 800 dollars ou faire une correction. Cela ne remet pas en cause la tendance haussière à long terme, mais constitue plutôt un processus de consolidation du marché haussier.
La coexistence du Bitcoin et de l’or : une nouvelle relation pour 2030
Le Bitcoin pourrait bénéficier de la reconfiguration géopolitique. En tant qu’actif décentralisé, il complète la fonction de paiement transfrontalière, en complément des monnaies traditionnelles. La loi américaine sur la réserve stratégique de Bitcoin marque le début d’une lutte à l’échelle nationale pour le « or numérique ».
En 2025, la valeur marchande de l’or extrait s’élevait à environ 23 000 milliards de dollars. La capitalisation boursière du Bitcoin est d’environ 1,9 trillion de dollars, soit environ 8 % de l’or.
Le rapport indique que le Bitcoin pourrait atteindre 50 % de la capitalisation de l’or d’ici la fin 2030. En supposant un prix de l’or à 4 800 dollars, cela impliquerait que le Bitcoin atteindrait environ 900 000 dollars. Bien que cela soit ambitieux, cela reste cohérent avec ses performances passées.
Il est également souligné que la « compétition » entre l’or et le Bitcoin n’est pas nécessairement négative. Après ajustement du risque, la combinaison des deux actifs pourrait offrir de meilleurs résultats que chacun seul. « L’or pour la stabilité, le Bitcoin pour la convexité » — ce principe demeure inchangé.
Facteurs de risque jusqu’en 2030 : comment gérer les corrections à court terme
Le processus de retour de l’or dans le portefeuille n’est pas sans heurts. Lors des phases baissières, l’or a historiquement surperformé le S&P 500 dans 15 des 16 marchés baissiers entre 1929 et 2025, avec une performance relative moyenne de +42,55 %.
Les marchés haussiers connaissent généralement des corrections de 20 à 40 %. Les fluctuations depuis avril laissent penser que cette dynamique se poursuit, mais que le marché se redresse rapidement pour atteindre de nouveaux sommets. Les métaux comme l’argent ou les actions minières tendent à connaître des corrections plus importantes, ce qui impose une gestion rigoureuse du risque.
Conclusion : l’or restera un ancrage fiable dans 20 ans
La principale conclusion du rapport est que le marché haussier actuel de l’or n’est pas terminé, mais qu’il est même au tout début de la phase d’engagement des investisseurs. L’or évolue d’un vestige dépassé à un actif central dans la gestion de portefeuille.
Que le prix de l’or atteigne 8 900 dollars en 2030 dépendra principalement de l’évolution de l’inflation et de la reconfiguration géopolitique mondiale. Cependant, la tendance haussière à long terme est soutenue par plusieurs piliers solides.
La reconfiguration inévitable du système financier et monétaire mondial, l’inflation induite par les gouvernements et banques centrales, la montée en puissance des économies asiatiques proches de l’or, et la fuite des capitaux des actifs en dollars — tous ces facteurs agissent en faveur d’une hausse du prix de l’or.
Face à la perte de confiance dans le système monétaire actuel, l’or pourrait retrouver son statut d’« actif de paiement supra-national ». Non comme un outil de pouvoir politique, mais comme une base neutre, sans dette, et digne de confiance.
D’ici 2030, l’ampleur de la rôle de l’or dépendra étroitement de ce que révèlent les décisions d’investissement actuelles. La stratégie d’investissement dans le marché de l’or dans 20 ans commence par une compréhension approfondie du système mondial actuel.
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Prix de l'or dans 20 ans : le rapport prévoyant 8 900 dollars en août 2030 révèle la vérité sur l'investissement
Le dernier rapport sur l’investissement en or publié par Incrementation, « In Gold We Trust », présente des prévisions choc concernant le marché de l’or dans 20 ans. La scénarisation optimiste selon laquelle le prix de l’or pourrait atteindre 8 900 dollars d’ici la fin 2030 reflète de manière saisissante l’environnement actuel du marché et les tendances macroéconomiques à long terme. Déjà en 2026, nous disposons de suffisamment d’éléments pour évaluer la crédibilité de cette prévision.
Le marché de l’or dans 20 ans : le stade haussier n’a pas encore commencé
Selon la théorie de Dow, un marché haussier passe par trois phases : la phase d’accumulation où les capitaux s’amassent discrètement, la phase d’engagement où les investisseurs généraux entrent en scène, et la phase d’euphorie où la spéculation atteint son apogée. Le marché actuel de l’or se situe précisément au milieu de la deuxième étape, celle de la participation des investisseurs ordinaires.
Cette étape se caractérise par plusieurs traits typiques : une couverture médiatique de plus en plus favorable, une augmentation du volume de transactions spéculatives, le lancement de nouveaux produits d’investissement, et une révision à la hausse des prévisions de marché — c’est exactement la situation que nous observons. Au cours des cinq dernières années, le prix de l’or a augmenté de 92 %, tandis que le pouvoir d’achat du dollar américain a chuté de 50 %. Il ne s’agit pas simplement d’une hausse numérique, mais d’une perte intrinsèque de valeur de la monnaie.
Le rapport, qui en 2020 prédisait une « décennie dorée », s’avère de plus en plus précis. La dynamique actuelle du prix de l’or suit presque parfaitement le scénario d’inflation, bien au-delà des prévisions fondamentales traditionnelles. L’année dernière, le prix de l’or en dollars a atteint 43 records, un rythme proche des 57 records de 1979.
La vérité révélée par le graphique du prix de l’or : plusieurs facteurs de soutien
Plusieurs facteurs macroéconomiques puissants soutiennent la prévision d’un prix de l’or à 8 900 dollars dans 20 ans.
Reconfiguration du système monétaire mondial
Comme le montre le rapport de Zoltan Pozsar, « Bretton Woods III », l’ordre international est en pleine mutation. Après l’ère de l’étalon-or, puis la dépendance aux obligations américaines, nous assistons à une transition vers un système multipolaire soutenu par l’or et les matières premières. Trois avantages majeurs de l’or ressortent dans ce processus.
Premièrement, l’or est un actif neutre, non lié à un pays ou à une force politique spécifique, et joue un rôle d’intégration dans un monde de plus en plus multipolaire. Deuxièmement, l’or ne comporte pas de risque de contrepartie, et sa détention dans des réserves nationales permet d’éviter tout risque de confiscation. Troisièmement, l’or est extrêmement liquide : selon une étude de la LBMA, sa liquidité dépasse celle des obligations d’État.
Une ruée historique vers l’achat d’or par les banques centrales
Depuis 2009, les banques centrales achètent en net de l’or, et depuis 2022, cette cadence s’accélère. Elles ont réalisé un « hat-trick » en ajoutant plus de 1 000 tonnes de réserves d’or chaque année pendant trois années consécutives. En 2025, la réserve mondiale d’or atteindra 36 252 tonnes.
Une tendance notable est la hausse de la part de l’or dans les réserves de change nationales. En 2025, elle atteint 22 %, un sommet depuis 1997. Comparée au pic historique de plus de 70 % dans les années 1980, il reste encore une marge de progression significative.
Les banques centrales asiatiques sont à l’origine de cette tendance, mais en 2024, la Pologne devient le principal acheteur. Selon Goldman Sachs, la Chine pourrait continuer à acheter près de 500 tonnes par an, ce qui représenterait près de la moitié des achats totaux des banques centrales mondiales sur les trois dernières années.
L’expansion de la masse monétaire qui tire le prix de l’or
Depuis 1900, la population américaine a été multipliée par 4,5, tandis que la masse monétaire M2 a été multipliée par 2 333. En conséquence, la masse monétaire par habitant a augmenté de plus de 500 fois. Le rapport compare cette croissance à une « athlète dopée aux stéroïdes », soulignant que derrière cette croissance apparente se cache une vulnérabilité structurelle.
La croissance de la masse monétaire dans les pays du G20 s’établit en moyenne à 7,4 % par an, et après trois années de contraction, elle repart à la hausse. Cette inflation monétaire constitue un moteur de long terme pour le prix de l’or, influençant directement la formation du marché dans deux décennies.
La nouvelle allocation d’investissement : se préparer pour 20 ans
L’allocation traditionnelle 60 % actions / 40 % obligations perd de sa pertinence. La nouvelle proposition du rapport est la suivante :
45 % actions, 15 % obligations, 15 % or comme actif sûr, 10 % « performance gold », 10 % matières premières, 5 % Bitcoin. Cette révision répond à la perte de confiance dans les obligations d’État et autres actifs traditionnels.
Le concept de « performance gold » est crucial. Il désigne des actifs comme l’argent, les actions minières, ou les matières premières, qui ont un potentiel de hausse important dans le contexte haussier récent. Historiquement, dans les décennies 1970 et 2000, l’or a souvent été le leader, suivi par l’argent et les actions minières. Sur le marché actuel, ce mécanisme de suivi n’est pas encore pleinement opérationnel.
La lecture du « prix de l’or fantôme » : une valeur théorique
Le concept de « prix de l’or fantôme » désigne le prix théorique de l’or si la masse monétaire de chaque pays était entièrement adossée à l’or. Cette méthode de calcul était utilisée à l’époque de l’accord de Bretton Woods.
Selon la masse monétaire actuelle, pour que la base monétaire américaine M0 soit entièrement adossée à l’or, le prix de l’or devrait atteindre 21 416 dollars. Pour M2, ce serait 82 223 dollars. En zone euro, cela correspondrait à environ 13 500 euros pour M0, avec un prix de l’or très élevé.
Historiquement, un taux de couverture de 40 % était la norme. La loi de la Réserve fédérale de 1914 fixait cette couverture à 40 %, ce qui nécessiterait un prix de l’or de 8 566 dollars. Entre 1945 et 1971, la couverture était de 25 %, et le prix « fantôme » actuel est de 5 354 dollars.
Aujourd’hui, la part de l’or dans la base monétaire américaine est de seulement 14,5 %. Cela signifie que 14,5 cents d’un dollar sont adossés à l’or, le reste de 85,5 % étant une valeur nominale. Dans les années 2000, ce ratio est passé de 10,8 % à 29,7 %. Pour atteindre un niveau comparable, le prix de l’or devrait presque doubler, dépassant 6 000 dollars.
Comparé au record historique de 131 % en 1980, cela montre à quel point la stabilité est aujourd’hui accrue. En ramenant le niveau de 1980 à l’échelle actuelle, le prix de l’or aurait dû atteindre environ 30 000 dollars.
Analyse du scénario jusqu’en 2030 : la divergence entre scénario de base et inflation
Le modèle de prix de l’or d’Incrementation propose deux scénarios.
Scénario de base : le prix de l’or atteindrait environ 4 800 dollars d’ici la fin 2030. L’objectif intermédiaire pour 2025 était de 2 942 dollars.
Scénario inflationniste : le prix de l’or pourrait atteindre environ 8 900 dollars d’ici 2030. L’objectif pour 2025 était de 4 080 dollars.
En janvier 2026, le prix de l’or dépasse déjà l’objectif de fin 2025 du scénario de base. Le rapport indique que l’évolution future dépendra fortement du taux d’inflation sur cinq ans, et qu’il est probable que le prix de l’or se situe entre ces deux scénarios à l’horizon 2030.
Risques inflationnistes et facteurs géopolitiques : l’incertitude dans 20 ans
Il n’est pas exclu qu’une seconde vague d’inflation, comme dans les années 1970, se produise. En comparant les tendances actuelles à celles des années 1970, plusieurs similitudes apparaissent.
À court terme, la déflation pourrait continuer, notamment en raison d’un effondrement des prix du pétrole. La forte appréciation des devises des pays avancés face au dollar renforce également l’effet déflationniste dans ces économies.
Cependant, les politiques de réponse à la récession et au chaos du marché pourraient devenir très inflationnistes : contrôle de la courbe des rendements, nouvelles mesures de relance quantitative, dépression financière, stimulus budgétaires supplémentaires, voire MMT ou « helicopter money ». Ces mesures, autrefois taboues, pourraient être envisagées.
En environnement stagflationniste, la performance de l’or est historiquement excellente : durant la stagflation des années 1970, le taux de croissance annuel réel de l’or a atteint 32,8 %, celui de l’argent 33,1 %, et celui des actions minières 21,2 %.
Le marché de l’or en 2030 : facteurs de risque et phases d’ajustement
À court terme, plusieurs risques existent. Si les achats des banques centrales diminuent plus que prévu, le rythme actuel d’environ 250 tonnes par trimestre pourrait ralentir. La réduction rapide des positions par les spéculateurs pourrait aussi peser sur le marché.
Une résolution du conflit en Ukraine, une détente en Middle East, ou la fin des tensions sino-américaines pourraient faire chuter la prime associée. Si l’économie américaine reste plus robuste que prévu, la Fed pourrait envisager de relever ses taux d’intérêt.
Il faut aussi prendre en compte la surchauffe technique et l’euphorie émotionnelle, qui pourraient entraîner une correction. Le dollar pourrait également connaître une correction à court terme, avec un risque de rebond.
Le rapport suggère qu’à court terme, le prix de l’or pourrait se stabiliser autour de 2 800 dollars ou faire une correction. Cela ne remet pas en cause la tendance haussière à long terme, mais constitue plutôt un processus de consolidation du marché haussier.
La coexistence du Bitcoin et de l’or : une nouvelle relation pour 2030
Le Bitcoin pourrait bénéficier de la reconfiguration géopolitique. En tant qu’actif décentralisé, il complète la fonction de paiement transfrontalière, en complément des monnaies traditionnelles. La loi américaine sur la réserve stratégique de Bitcoin marque le début d’une lutte à l’échelle nationale pour le « or numérique ».
En 2025, la valeur marchande de l’or extrait s’élevait à environ 23 000 milliards de dollars. La capitalisation boursière du Bitcoin est d’environ 1,9 trillion de dollars, soit environ 8 % de l’or.
Le rapport indique que le Bitcoin pourrait atteindre 50 % de la capitalisation de l’or d’ici la fin 2030. En supposant un prix de l’or à 4 800 dollars, cela impliquerait que le Bitcoin atteindrait environ 900 000 dollars. Bien que cela soit ambitieux, cela reste cohérent avec ses performances passées.
Il est également souligné que la « compétition » entre l’or et le Bitcoin n’est pas nécessairement négative. Après ajustement du risque, la combinaison des deux actifs pourrait offrir de meilleurs résultats que chacun seul. « L’or pour la stabilité, le Bitcoin pour la convexité » — ce principe demeure inchangé.
Facteurs de risque jusqu’en 2030 : comment gérer les corrections à court terme
Le processus de retour de l’or dans le portefeuille n’est pas sans heurts. Lors des phases baissières, l’or a historiquement surperformé le S&P 500 dans 15 des 16 marchés baissiers entre 1929 et 2025, avec une performance relative moyenne de +42,55 %.
Les marchés haussiers connaissent généralement des corrections de 20 à 40 %. Les fluctuations depuis avril laissent penser que cette dynamique se poursuit, mais que le marché se redresse rapidement pour atteindre de nouveaux sommets. Les métaux comme l’argent ou les actions minières tendent à connaître des corrections plus importantes, ce qui impose une gestion rigoureuse du risque.
Conclusion : l’or restera un ancrage fiable dans 20 ans
La principale conclusion du rapport est que le marché haussier actuel de l’or n’est pas terminé, mais qu’il est même au tout début de la phase d’engagement des investisseurs. L’or évolue d’un vestige dépassé à un actif central dans la gestion de portefeuille.
Que le prix de l’or atteigne 8 900 dollars en 2030 dépendra principalement de l’évolution de l’inflation et de la reconfiguration géopolitique mondiale. Cependant, la tendance haussière à long terme est soutenue par plusieurs piliers solides.
La reconfiguration inévitable du système financier et monétaire mondial, l’inflation induite par les gouvernements et banques centrales, la montée en puissance des économies asiatiques proches de l’or, et la fuite des capitaux des actifs en dollars — tous ces facteurs agissent en faveur d’une hausse du prix de l’or.
Face à la perte de confiance dans le système monétaire actuel, l’or pourrait retrouver son statut d’« actif de paiement supra-national ». Non comme un outil de pouvoir politique, mais comme une base neutre, sans dette, et digne de confiance.
D’ici 2030, l’ampleur de la rôle de l’or dépendra étroitement de ce que révèlent les décisions d’investissement actuelles. La stratégie d’investissement dans le marché de l’or dans 20 ans commence par une compréhension approfondie du système mondial actuel.